Diction directe: commando du 1er avril 2009



Enfin retrouvée! Voici la vidéo du commando du premier avril, un crash de disque dur nous avait fait craindre le pire.
Cet instant était-il perdu à jamais?...

C'était sans compter sur les archives des Renseignements Généreux, une nouvelle boite privée qui sauvegarde régulièrement vos fichiers en cas de problème. Merci à eux!

groupe du 3 mai...


Je rattrape le retard.

La représentation de l'action est chronophage.
Mais nécessaire.

La première phase d'écriture de cette action était sous contrainte.
Un photographe, travaillant pour l'Europe, avait détourné l'action en annonçant son intention et sa fonction.
Un autre monsieur a regardé toute la scéance d'écriture, en prenant soin de ne pas apparaitre sur les photos...
Distant, observateur... Il n'a laissé aucun renseignement généreux sur sa personne.

Les commandos débutaient toujours par un flottement. Une indécision. Et le refus de jouer le rôle de chef. Le groupe devant de lui-même se former, à voix égales, dans l'instant même de l'action et de son évolution. Un "être-là". Pour un "agir ensemble".

Cette photo là fut prise par un ancien membre du commando du 1er avril.

Très peu de photos des actions furent prises par moi, on ne peut être pleinement dans l'action et dans la trace...

Par retour interposé...


Image de l'ultime commando. Vu par autrui.
(Polaroïd, Coll. particulière, avril 2009)

autre liens...



La cagoule est un pré-texte. Occulter pour parler d'autre chose. Un déplacement.
Sur la table, dans l'atelier, un livre ouvert. Pléiade de Mallarmé.
Ouvert sur une page de "Jamais un coup de dés n'abolira le Hasard"
Sur le mur, une question posée sur un post-it:
"L'écrivain est il, par essence, mal armé?"
Et, dans le fouillis du bureau, un portrtait de Stéphane Mallarmé.


Le Dymo, posé près des Lettres de Mon Moulin, rejoignaient ce courant de pensée. Avec sa forme de flinguot, il est ce qui ressemble le plus à une arme de lettré. N'empêche qu'il ne tire pas de plomb. Aucun risque de casse.
L'homme de lettre est mal armé.

Mallarmé lui est le premier à éclater l'espace de la page et à écrire par delà l'abyme de la tranche, le mur du milieu est tombé. Le premier "terroriste" à exploser l'espace du livre.

Ci-dessous un blind test. L'auteur de l'oeuvre à retrouver. L'oeuvre date de 1969. Belgitude transpirante... Ce n'est pas du Peter Downsborough. Celui qui trouve gagne un livre.

En tout cas, là aussi, l'occultation déplace le point de vue pour mettre en valeur autre chose.

Et si...



Je me souviens d'un tag encore visible sur une persienne blanche (une couche seulement par la brigade anti-tag laisse les lettres rouges transparaitre).
Je me souviens de ce tag "On se souvient".
Je l'ai dessiné dans mon carnet collectant les "marques" laissés sur les murs du quartiers. Celui-ci n'est pas un tag/signature. Il est lié au lieu. Quelqu'un qui se souvient, d'une chose. Là. A cet endroit précis. Et qui n'est plus.

Un vieux monsieur, croisé hier, après le bonjour habituel m'a dit... "Tiens au fait je l'ai retrouvé l'article..."
On en avait parlé une fois. Et lui avait fouillé ses archives pour me retrouver cet article de la Voix du Nord.
Le dessin de la persienne taguée était présent dans l'expo à Moulins, au milieu d'une affiche en 8 parties avec toutes les anciennes enseignes du quartier réalisé sur l'offset de Jean Jacques.
La persienne dessinée était pour moi un point de départ d'une ligne de sens s'étirant à travers l'atelier clandestin.

L'exposition est juste finie, démonté, des caisses encore trainent dans le coulor et je n'ai ces informations que maintenant, un peu trop tard.
Et pourtant, aisément, cet article je le place dans les "éléments fondateurs" de Diction Directe. A coté de Gainsbourg/Moulins, l'exposition précédant la mienne et qui occupait le lieu quand je l'ai visité pour imaginer ma propre exposition à lier soit avec Berlin, soit avec Istanbul. Très vite le lien se fait: Berlin. Et l'option cagoulée. Gainsbourg, le clan, le clan des cagoules, let's baby be cool... "Aux armes et caetera..." et sans également ce lien, qu'est ce qui, dans mon quotidien relie à Wazemmes à Berlin... réponse: ce tag, croisé tous les jours.

J'ai également, par jeu, très vite reproduit une toponymie personelle: quand je partais en vélo de Wazemmes vers Moulins, j'allais travailler à l'Est, le soir je rentrais à l'Ouest. Le Mur étant pour moi le Boulevard Victor Hugo. Signifiante tranchée. Bouche d'ombre.

je me suis souvent demandé qui avait pu sortir, un soir, une bombe rouge à la main et écrire ces quelques mots, comme écrit à ceux qui savent, ceux qui savaient : "on se souvient"
Pas de message.
Pas de signatures.
Rien de politique. Juste ça:
"On se souvient"

Une variante du "Remember me!". D'autres fantômes.
"On".
Qui "On"?
Des amis. Des Camarades?

Je viens d'apprendre une chose. Via internet.
Que ce couple de retraité vient d'être à nouveau incarcéré, en 2007, à Fresnes. Ils furent donc, à un moment, libérés.
Le tag n'a plus la même valeur pour moi. Les mots restent les mêmes mais le sens autour vient de changer:

"On se souvient"

Maintenant je les vois, un soir, la bombe à la main.
Revenir ici. Sur leur lieu de vie.
Et écrire ces mots.
Sur la persienne.
Lui et elle.
"On"




Je viens de retrouver une photo prise dans l'expo de l'affiche portant le dessin de la persienne taguée. Le sens également vient de se modifier. De par ces contenus nouveaux qui s'y immisce. De par le cadrage de la photo également. (Et cette question du moment du déclic, de la capture d'image, d'un sens attrapé dans la composition même de l'image, dans cet instant photographique de saississement... "CLIC", pourquoi ce cadre là l'a-t-il emporté sur les autres?).



Le sens vient de changer et les éléments se chargent, individuellement, et communiquent. Le tampon des mariés en habit datés vient d'être baptisé, lui, Werner Rapaport... elle, Lina Lange... "On..."
Le "Z" griffoné au dessus: une des lettres de "wazemmes", ( il y a une lettre par affiche, et les affiches réunies reconstituent le mot complet), ce "Z" fait maintenant écho avec le "z" des "RZ", abbréviation de "Revolutionare Zellen" (Cellules Révolutionnaires).

Et par un léger glissement ce "Z" se charge instantanément d'un autre "Z". Celui de Costa-Gravas.
Et dans un deuxième temps, un baton est placé dans cette ouverture:
"c'est la cristallisAAAAtion.... comme dit Stendhal":

"Z"
Deux Oscars en 70. Année de naissance. Bain culturel. Je n'ai aucun souvenir du film. L'ai-je vu? Il serait temps de le revoir. (Avec une vision formatée par cette série sémantique croisée). En grec, « Ζ » (zêta) peut se lire comme l'initiale de « ζει / zi », qui signifie « il vit » ou « il est vivant ». C'était la lettre que les opposants inscrivaient sur les murs pour protester contre l'assassinat du député. Tag; "On se souvient". Pratique commune. Marquer l'Espace d'une Histoire (cf "Vols de flamands roses" 1998).

Au tout début du film on peut lire : « Toute ressemblance avec des événements réels, des personnes mortes ou vivantes n'est pas le fait du hasard. Elle est VOLONTAIRE ». La fiction comme interrogation du réel. Mise côte à côte. VOLONTAIREMENT.

La musique de ce film a été composée par le compositeur grec Mikis Theodorakis. En réponse à Costa-Gavras, qui lui fit demander durant sa détention pendant la dictature des colonels, d'écrire la musique de son film, il lui fit passer ce mot : « Prends ce que tu veux dans mon œuvre. ».
Musique non originale : Psyche Rock, co-écrit par Pierre Henry et Michel Colombier pour Maurice Bejart et son ballet Messe pour le Temps Présent.
Les bandes magnétiques exposées dans l'exposition sur le vieux magnétophone à bandes sont celles écoutées durant mon enfance, je n'ai de souvenir précis que de la messe du temps présent de Pierre Henry, passant en boucle.
Je dois aussi avoir quelque part le 45 tours de "Z". Un classique sur braderie.

Wikipédia est formel:
"Nous sommes à la fin des années 1960, grande époque des films politiques où l’on dénonce le totalitarisme sous toutes ses formes. On considère alors que tous les rouages de l’appareil régnant sont corrompus de haut en bas, du plus riche au plus pauvre... Malgré la normalisation finale du récit, Z reste le symbole de la déstabilisation que l’on peut faire subir à un ordre établi mais contesté."

Ordre établi. Celui du sens. Commun. Doxa.
Chemins de traverses dans la création du sens. Chemin détourné. Pas de sens direct. Idéologie des liens préconstruits tout de suite évoqués et primant dans l'association et la création du sens. Les sens directs et communs impliquent une certaine idée de l'oeillère. Le jeu, celui d'un certain décallage, refusant les chemins de l'éfficacité première de l'image associée, est celui de l'anamorphose. Du pas de coté. Havre des pas.
Et d'un temps pris. Attentif.
Pour voir autrement.

Un autre lien se fait par l'association de deux images, tirées chacune d'un film de Costa-Gravas, et réunies sur la même Vidéo Cassette:



"A"
Présent dans l'expo. La lettre écarlate. Hawthorne.
"Z"

Game over pour aujourd'hui. Je cherche ces tourbillons de sens. Le moment où la trappe cède sous les pieds pour une floraison de connexions. Produisant une expansion. Comme une justification. Du sens.
Et par là-même, un lien au monde.

A l'image d'une anémone ouvrant ses branchies pour filtrer le plancton, puis se refermant...
Ou d'une balane, incrustée sur le rocher, à marée haute immergée. Un temps.
Coquille, centrale immobile. Cratère minéral d'où éruptent les cirres. Filtrant les organismes en suspension.
En aucun cas prédateurs. Le nom est "suspensivore". Se nourrissant par filtration du monde qui les entoure.
A marrée haute. Altitude zéro.
La fixité se nourrit de la vague, la filtre pour augmenter ses concrétions calcaires. Sa coquille. Sa carapace.

Niveau zéro de l'écriture. Le suspensivore se nourrit d'une intuition, d'un sentiment attrapé dans l'autour que quelquechose est en train de se passer. Et va vers sa résolution. L'immanence d'un certain suspens.



à suivre...

L'entre scène...

Aujourd'hui, jour de printemps tardif, soleil occulté par des nuages, vents froids, on est dans le printemps nominativement mais le froid est d'une autre saison, cela joue-t-il sur mes pensées?
Je repense à l'exposition (qui jamais ne se clôture avec la fin programmée, et débute toujours bien avant le vernsissage ou même l'installation...) Ce lieu de discours est étrange avec sa part d'occultation ( le clan des cagoules, le parti pris d'occulter l'individu pour dire une chose le dépassant...) mais une fois dans l'atelier (présenté comme "clandestin") là je m'y expose.
A moitié.
Doucement.
Posant des signes.
Jouant avec des indices, qui un à un, ouvre un chemin vers une grille.
De lecture.

Entre diction et action. L'action est effective mais séjourne néanmoins dans la réprésentation. Vidéo #1 (Pré-test): un groupe armé de lettres se prépare à l'action, agissent pour au final écrire "Boum". L'action est effectuée. Mais le résultat n'est pas une explosion. Pas réelle. Mais son image.
J'aime à penser que le lieu touché, à travers cette action, est purement un lieu d'EXPOSITION. Je m'expose. Je m'y expose. Simplement parce que je m'y représente, sans intervenir sur le réél vraiment (les éléments posés restent en place et ne sont en aucun cas modifiés après l'action, à la différence du Tag ou Graff je récupère les lettres après... aucune trace d'intervention liée au passage dans le réel, pas de papiers de bonbons laissés, salle d'expo vidée, espace vierge rendu...), seul des carnets se sont chargés de ce passage, des carnets et des mémoires.

Je ne suis plus dans un rapport direct à "l'autre scène", travaillant plutôt "l'entre-scènes", qui quoi qu'il en est reste dans tous les cas une "autre" scène. Mais moins localisée. Moins externalisée. Pas de tableau. Pas d'image. Pas de planches de théâtre... Je ne pose pas un leiu en bout de piste (ça ce serait "l'autre scène") mais le mouvement entre un point et un autre. C'est ce mouvement qui devient "spectacle". Je travaille non pas sur la présentation d'"objets", mais sur l'espace entre chacun et son chargement de sens invisibles, lisibles, invus, obvies ou obtus.

Deux fantomes viennent d'émerger sur les remparts de ma pensée... "Remember me!"
L'un s'est fait renversé par une camionette de blanchisseur.
L'autre a fait le saut dans le vide. Et par ce biais aussi, l'a exposé.

La cagoule représente l'occultation pour une intervention dans l'espace public, temps limité, actions réglementées, mots réduits: on est dans le peu, dans une communication visant la compréhension immédiate (publicité avec un référent clair et commun). Obligation de se réduire.

Se réduire: premier pas dans la fiction de soi.
Toute écriture débute avec une paire de ciseaux.

Cut-up.
Cut up yourself.

L'atelier est un premier pas vers l'intime, à travers les traces laissées de l'action préparée, là visibles sur le bureau, les éléments sont là, épars, le travail d'ecriture est lointain puisque la narration n'est pas inscrite, linéairement dans l'espace, les liens entre chaque objet sont à reconstruire par le lecteur. Je n'ai rien écrit. Juste positionner les éléments. Théorie des particules.
Le lecteur agglomère les particules. Vise la molécule. L'orbite des électrons agités par l'esprit du lecteur rencontre d'autres champs d'électrons proches par le sens, pas obligatoirement l'espace: un molécule composée de ces éléments à énérgie commune est fabriquée.

L'antichambre derrière l'atelier (l'arrière cuisine) avec la biographie, des éléments choisis de la vie de l'auteur, fournissent la matière à la construction d'un personnage. Biaisé. Ici l'optique biographique est celle d'une relecture de ma propre vie avec l'oeil avisé d'un lecteur à la recherche de renseignements généreux, une grille de lecture tronqué: le but étant de trouver dans mon passé tout ce qui pourrait "faire preuve". Une photo de moi au Kurdistan avec la kalashnikov. Un sac de berger crétois exposé, présent sur la phot, preuve matérielle en ma possession justifiant l'image. Vieux pochoirs. Un article de Nord Eclair sur l'attentat poétique du 11 septembre 2003 me décrivant comme une "sorte de Ben Laden Local". 2 ans en Irlande, dans le Connémara, près des camps d'entrainement de l'IRA... Une photo de moi jeune avec le portrait de Mao derrière moi (environnement familial comme justification) plus une cassette d'un tribunal populaire des houillères en 70 où mon grand-père à côté de Jean Paul Sartre intervient à la tribune pour témoigner de sa silicose.
Un dessin de moi, exécuté à 6 ans (le dessin, pas moi), représentant un homme masqué portant un baton de dynamite. Tout est là déjà. Les cagoules. Le "boum". Comme pour justifier les lois de pistage dès la maternelle.
Et donner un tour d'écrou supplmémentaire: sur la ceinture du personnage on lit un "Z".
"Z" comme "zorro".
Plus haut un dessin de Robin des bois, et le Roi Jean, des sacs d'or pleins les mains. Le Roi Jean comme représentant du Monde de la Finance. Robin des bois, la personification de la justice sociale.

"Remember me!"

"Something is rotten in the state of Denmark"
Là je suis dans l'autre scène, celle d'Elseneur.

Remonter à la source. Zorro. Robin. Figures littéraires pemettant la reconaissance des penchants. La littérature comme petit pont vers le réél. Ingérence. "Les aventures de Robin des Bois" au même titre que "L'insurection qui vient" est une "autre scène" agissant comme un espace d'expositon ET de construction de l'individu. Dessiner Robin des bois ou Zorro a 6 ans, c'est s'exposer. Nous sommes là, bien entendu, en présence d'un enfant aux penchants "ultra-gauchiste-anarcho-autonome".

Stigmatisation.
(Reduction entamée. Création littéraire d'un personnage. D'un groupe homogène. Un entité réduite par un signe de reconnaissance: la plaie. Les marques. )

Quand commence-t-on à stigmatiser, quand s'applique la pratique de la réduction, la fermeture de toute ouverture, la chose réduite est réduite, ne reste pas ouverte, un blocage empêche la suite de la construction...

Le cartel au bas du tableau venait subitement de clore ma perception sensible du tableau, j'avais le nom du peinture. la référence. J'avais...

La main mise.

Midas.

Je m'expose...

Economie domestique.

Je faisais ma lessive hebdomadaire de cagoules, laissant mon esprit vaquer à sa propre économie domestique. Un mode de veille attentive.
Des choses me gênent dans ce qui se passe. Dans la façon de voir, de présenter les choses. Mon esprit est occupé non plus à être, simplement, mais à réagir. Contre. Ou des fois pour.
Selon l'endroit.
L'anamorphose.

Je travaille en ce moment sur la récolte de souvenir de mai 68 à Lille, j'aime les histoires d'infiltrations de groupes par d'autres, les manipulations de l'opinion, le spectaculaire occultant le quotidien, une voiture brûlée cachant de sa fumée les problêmes posés... "Avec l'interdiction d'être masqué, on verra enfin, à visage découvert, les types des renseignements généraux retourner les voitures, histoire de durcir l'image du conflit et faire basculer la majorité silencieuse dans un rejet de la violence executé par les grévistes.."

Le problême de la cagoule interroge tout un pan de faits, d'idées, d'opinions. Pour moi il est à la base même d'une réflexion poussée, à pousser, sur l'apparence, le paraitre, la représentation du mal, la stigmatisation d'un mal clairement reconnaissable et un retour à un monde clair. Un ruisseau clair où d'un côté coule Le Bien, de l'autre, le Mal.
Deux axes.
Et le spectacle de sa lutte.

En étendant sur le fil à linge les cagoules, mon esprit continuait à fonctionner, je revenais au texte, au code... "Tout participant à une manifestation publique, en dissimulant volontairement son visage dans le but de ne pas être identifié, est puni de l'amende prévue pour les contraventions de 5ème classe : 1.500 euros. En cas de récidive dans un délai d'un an, l'amende peut être portée à 3.000 euros". Michèle Alliot-Marie, qui, après avoir exprimé son intention d’interdire les cagoules, avait lâché : "Ceux qui manifestent pour leurs idées ne dissimulent pas leurs visages"...
D'où l'existence de l'isoloir.

Porter un masque contre la grippe porcine est-il un signe que la personne se protégeant est une activiste écologique?
Une manifestation de femmes voilées devient, de fait, interdite?
Le carnaval de Dunkerque sera-t-il une manne financière pour les forces de l'ordre?
Appeler une société "Le ruisseau clair" est-il un masque? (mais nous quittons là la sphère de la "manifestation publique"...)
Sphère dans laquelle je tombe lorsque, dans le cadre de l'exposition, des sorties sont organisées cagoulées. Je suis dans une manifestation culturelle publique...

Autre chose, l'emploi fréquent de lacrymogènes lors des manifestations, transforme aisément un passant remontant son cache-nez en "un participant dissimulant volontairement son visage dans le but de ne pas être identifié".
La porte est ouverte.
A n'importe quoi.

Et on referme rarement les portes ouvertes.

La barbe, non?


Fort heureusement, grace aux photos prises par les médias des "casseurs" désormais non cagoulés, ceux-ci pourront payer l'amende grace au droit à l'image, facilement obtenable si la photo est prise dans une situation dite "préjudiciable".

A moins que la presse ne rajoute un bandeau d'anonymat sur le visage des troubles faits.

J'essayais en vain de cerner une réponse qui à chaque fois m'échappait, saisir et me positioner c'était le réduire. Le reduire à une image, un point de vue. C'était comme reduire un type en cagoule, je ne pouvais pas, il y a de la nuance dans la cagoule, et pour moi ça allait du commandant Marcos se protégeant de la grippe porcine mexicaine en passant par les cagoulés blanc du KKK, ou alors le GIGN.
Et Fantômas.

Oh mais là on entre dans la Fiction.
Rien à voir avec le Réel.

Intentions dévotes

Groupe du 3 mai. Intervention lettrée. Au sol. Au pied de la lettre, les jambes du porteur. Une lettre par tête.
Les sortir toutes. Toutes les lettres déjà existantes du projet "Niveau zéro de l'écriture". Une cinquantaine. Le lecteur prendra de la hauteur.
Et les mots, d'abord écrits sous contrainte (mégaphone dictée), se libéreront grâce à l'indépendance tentée des lettres mêmes.
La question du silence se posera.

Comme depuis le début, le port de la cagoule sera également interrogé dans cette manifestation. Culturelle d'accord. Mais "manifestation" au pied de la lettre. Donc répréhensible par le texte faisant loi.

Dois-je, si je m'expose, revendiquer. Et si je pose et revendique à quoi donc m'expose-je?
L'expression à venir, dans ce contexte, va s'en trouver réduite à des considérations purement esthétiques, si dire expose l'auteur. Non masqué. Quid aussi de la littérature engagée?

Quid de la représentation de l'auteur? L'auteur est mort, écrasé par une camoinnette de blanchisseur. Qui de l'incarnation? L'incarnation de l'idée (majuscule?) ou du verbe (majuscule?). Hagiographie politique? Qui porte le texte? Qui l'écrit? Quid de l'inspiration? Quid des motivations? Doit on passer obligatoirement par l'image du chef, d'un représentant (responsable) ou alors fournir un engagement anonyme (indéfinissable)? Quid de la diabolisation?

Quo vadis?


Maison folie de moulins, dimanche 3 mai, à partir de 15h.On jouera avec des lettres, une sorte de scrabble géant, avec le monde comme plateau de jeu. En sachant qu'un mot bien placé peut compter triple. En sachant que tout mot posé révéle un peu l'auteur, exposé. En sachant qu'un mot est composé de lettres, autonomes. Qu'une phrase est composée de mots, autonomes. Et que tout ça, mis bout à bout, cousu au sortir de nos bouches d'ombres, forme un sens. Combien de mots, encore manquants, faudra-t-il inventer pour voir autrement?

Fiat liber!


Je m'expose. Et questionne le livre. En tant qu'écrivain. Editeur aussi.
L'agir de l'écrire. L'agir du dire. L'agir d'éditer. L'agir de lire.
J'aime cette phrase finale dans un article reçu aujourd'hui, en lien avec l'exposition:
«Cette convocation avait évidemment pour objectif d’établir un lien entre ce livre et la sombre “affaire des caténaires”.»

"Etablir un lien"... là est le début de toute histoire, de toute fiction! Et pour moi "diction directe" n'est que ça: me placer en deça du sens, mais poser déjà tous les liens à venir, les poser sans les établir... et jouer avec la lecture, fournir les éléments de construction de la phrase, sans les ordonner, sans leur donner une forme préexistante, la mienne, finie, et pourtant être là déjàn au commencent, avant le verbe... être présent, là, dans le lieu d'exposition, lieu scénique s'il en est... laisser chacun libre dans cet espace-livre, livré, libre de faire son chemin de sens et le formuler comme il l'entend, là, en lui...

La polémique se poursuit et les frontières de la responsabilité du sens sont titillées:

"Les éditeurs affichent leur solidarité avec Eric Hazan.
Dans une tribune publiée dans l’édition du 21 avril du journal Le monde, 18 éditeurs et un libraire soutiennent le directeur de La Fabrique, auditionné le 9 avril par la sous-direction de l’antiterrorisme de la police judiciaire.
«Pour nous, l’édition est avant tout un espace de liberté.?La question n’est pas d’être d’accord ou non avec les thèses du “comité invisible”.?La question, c’est, très simplement, celle de la liberté d’expression, aujourd’hui gravement menacée en France par les représentants de son Etat, au nom d’une conception dévoyée de la lutte contre le terrorisme.» Dans une tribune publiée dans l’édition du Monde datée du 21 avril, 18 éditeurs et un libraire apportent leur soutien à Eric Hazan, entendu comme témoin par la sous-direction de l’antiterrorisme, le 9 avril, dans le cadre de l’enquête sur Julien Coupat.
Motif de cette convocation: le directeur de La Fabrique est l’éditeur de L’insurrection qui vient, signé du Comité invisible, et dont la police attribue la paternité à Julien Coupat, soupçonné d’être le leader d’un mouvement «d’ultragauche» et d’être à l’origine de dégradations contre des lignes de TGV.
Dans cette tribune intitulée «De l’affaire Coupat à l’affaire Hazan? Au nom de la luttre contre le “terrorisme”, la liberté d’expression est menacée», les signataires protestent contre l’audition d’Eric Hazan par l’antiterrorisme : «Cette convocation avait évidemment pour objectif d’établir un lien entre ce livre et la sombre “affaire des caténaires”.»

Rédigé par François Gèze (directeur des éditions La Découverte), le texte a été signé par Patrick Beaune (Champvallon), Laurent Beccaria (Les Arènes), David Benassayag (Le point du jour), Olivier Bétourné (Albin Michel), Teresa Cremisi (Flammarion), Bernard Coutaz et Frédéric Salbans (Harmonia Mundi), Gilles Haéri (Flammarion), Marion Hennebert (L’aube), Hugues Jallon (La Découverte), Joëlle Losfeld (éditions Joëlle Losfeld), Anne-Marie Métailié (Métailié), Françoise Nyssen (Actes Sud), Paul Otchakovsky-Laurens (P.O.L), Jean-Marie Ozanne (Folie d’encre), Yves Pagès (Verticales), Rémy Toulouse (Les prairies ordinaires), Michel Valensi (L’éclat).

le clan, le clan des cagoules...

"relax baby be cool..."
( taper ces 4 mots sur deezer.com )

Exil à Moulins

"Le ciel est bleu si calme par dessus les toits" ou un truc du genre. Exil.

(photo Rémi Vimont)

Groupe du 26 Mars

Le groupe fut éclaté juste après l'opération. A la fin du poème.
(photo c/o Jihane de l'Internationale Poétique Tunisienne)

Cliquer pour agrandir...


Echos

A l'endroit même ou les vidéos des commandos sont projetées, il y a le fantôme persistant, pour moi et sans doute pour d'autres, des vidéos de l'expo passée, juste avant.... Autour de Serge Gainsbourg. Un film noir et blanc, "Les Livres de ma vie" Émission Bibliothèque de poche. Réalisation Yannick Bellon. Présentation Michel Polac. France, 1968, 20 minutes. Gainsbourg se remémore les ouvrages qu'il a particulièrement appréciés. Sa bibliothèque.
Puis une chanson... jamais entendue, chantée une fois... "Les mots inutiles"... chanson inédite, interprétée lors de l'émission télévisée. "Ce soir à Vienne 24/06/1961." Pays de l'Est. D'après Sebastien Merlet, elle date de 56, des fois se nomme "Vienne à Vienne"...

Les mots sont usés jusqu'à la corde
On voit l'ennui au travers
Et l'ombre des années mortes
Hante le vocabulaire

Par la main
Emmène-moi hors des lieux communs
Et ôte-moi de l'idée
que tu ne peux t'exprimer
Que par des clichés

Dans mes rêves tu ne parlais pas
Simplement tu prenais mon bras
Et tu voyais à mon sourire
Qu'il n'était rien besoin de dire

Il vaut mieux laisser au poète
Le soin de faire des pirouettes
C'est très joli, oui dans les livres
Mais tous ces mots dont tu t'enivres

Ces mots sont usés jusqu'à la corde
On voit l'ennui au travers
Et l'ombre des années mortes
Hante le vocabulaire

Par la main
Emmène-moi hors des lieux communs
Et ôte-moi de l'idée
que tu ne peux t'exprimer
Que par des clichés

Dans mes rêves tu ne parlais pas
Simplement tu prenais mon bras
Et tu voyais à mon sourire
Qu'il n'était rien besoin de dire

Les mots d'esprit laissent incrédule
Car le cœur est trop animal
Mieux qu'apostrophe et point-virgule
Il a compris le point final

Groupe du 19 Mars

Le rendez vous était fixé à 19h, la consigne simple qui circule pas mal de bouche en bouche, "venez vêtus de noir, on fournit cagoules et lettres"... réunion impromptue, concertation, démocratie participative, un être, une voix, une lettre, ensemble nous sommes un mot... le consensus arrive et tombe sur "reve", on cherche les lettres dans l'atelier... saperlipopete, j'avais oublié, sur la passerelle de la maison folie un des deux "e" est coincé dans "exil"... on se resaisit rapidement, tant pis, on va faire "peur"... ouais on va faire "peur"... mais pas trop, parce que, en ce jour de grève, le port de la cagoule n'est pas entièrement légal.... y'a un vide juridique mais ipso facto la cagoule appelle le contrôle... et puis tout s'est bien passé, l'hélicoptère n'est pas sorti pour nous faire un peu de lumière... on a fait "peur", et des fois même ça "puer" la "peur" et les crottes de chiens du terrain vague rue de la plaine, la "pure" "peur" chorégraphiée... et "repu" on a fini au Derby pour écouter quelques chansons datées mais toujours appréciables.... surtout en live, en direct quoi...


pré-test à la littérature engagée


Vidéo d'intention. Individuelle. Un groupe, avec une force d'action phénoménale, agit. L'action brute. Pour au final rester dans la représentation.

18 mars


Salon du livre achevé, à paris. Le rendez vous des grands groupuscules de la pensée livrée. Et des moins grands.
Invité cette année le Mexique, pour ses belle p(l)ages. On notera le visuel du salon. Dans l'air du temps...
Sur la photo, on voit la petite maison jaune qui occupa le stand, dégorgeante de productions d'autres petites maisons, autonomes. La maison jaune est l'oeuvre de Céfêt, visible actuellement chez Mains d'Oeuvre...

La grande grande mode à Paris est le port du badge "Je lis "La princesse de Clève"".
Cela fait référence à cette citation datant de février 2006, à Lyon, où un type déclarait à des fonctionnaires :
« L'autre jour, je m'amusais, on s'amuse comme on peut, à regarder le programme du concours d'attaché d'administration. Un sadique ou un imbécile, choisissez, avait mis dans le programme d'interroger les concurrents sur 'La Princesse de Clèves'. Je ne sais pas si cela vous est souvent arrivé de demander à la guichetière ce qu'elle pensait de 'La Princesse de Clèves'… Imaginez un peu le spectacle ! »

Même dans les grandes opérations comme celle-là, on peut lire des signes qui ne trompent pas...

Grenade

Je viens d'acheter une grenade sur le marché de wazemmes, en vente libre, elle vient de loin, par delà les pays de l'est, elle vient d'Iran, neuve, jamais utilisée, je vais la mettre dans l'atelier, sur ma table de travail, au vu et au toucher de tous... sans doute une once de provocation puisqu'ici ce n'est pas la saison...

PS: Pour éviter le jugement hâtif du "contenu répréhensible" ou l'amalgamme possible si une surveillance autour du mot "grenade" est faite sur la toile et scrute mécaniquement les renseignements généreux donnés par ce blog, venez visiter l'expo et constater que la grenade est mûre, prête à éclater... rouge.